samedi 9 novembre 2024 à 18h
Projection du film Ourse bleue, de Claude Hamel
Les éditions Dépaysage vous invitent à la projection du film de Claude Hamel, Ourse bleue, consacré à l'art de Virginia Pesemapeo Bordeleau, Eeyou (Crie) du Québec, en sa présence. À la fin de la séance, elle dédicacera son livre Ourse bleue, paru en mai dernier, et son recueil Marche pour Sindy, paru récemment.
ENTRÉE GRATUITE
Autrice, peintre, poétesse, sculptrice et conteuse, l'artiste Crie née au Québec, Virginia Pésémapéo Bordeleau, porte l'essence même d'une réconciliation, avec nous-mêmes, avec un métissage qui est en lui-même synonyme de territoire. Ourse bleue conjugue l'amour de l'art et l'envie de faire découvrir une grande artiste, dans toute sa simplicité.
Mot de réalisation
Ébahie, émerveillée par les talents d'autrice, de peintre, de poétesse, de sculptrice, de conteuse de Virginia Pesemapeo Bordeleau, une artiste Eeyou (Crie), métissée par son père Québécois, je lui consacre un documentaire. Un long métrage documentaire pour contrer le peu d'importance accordée aux femmes artistes, aux femmes en général lorsqu'elles ont passé l'âge de la prime jeunesse. Lorsqu'elles ne sont plus fécondes et pourtant si fécondes de tant de beauté et de force, dans la force dite de l'âge.
Reconnue par le milieu artistique, récipiendaire de la Médaille de l'Assemblée nationale, méconnue du grand public, ce film a pour but de faire mieux connaître cette grande artiste. En juxtaposant ses écritures à ses toiles et sculptures.
Ourse bleue est un film dur et doux, dur dans la cruauté des faits relatés, doux par la beauté lumineuse de ses œuvres. Mon premier documentaire, Territoire Ishkueu Territoire Femme, créé sans de prime abord chercher à faire un documentaire, m'avait prise par surprise, mais annonçait déjà ce deuxième. Car ce premier documentaire où je donnais la parole à huit femmes de paroles, toutes autochtones, Virginia, avec le récit de sa conception auprès d'une ourse dont l'esprit restera présent tout au long de sa vie, nous racontait la genèse de la création de son totem, l'Ourse bleue.
L'Ourse bleue, mi-vierge, mi-ourse sensuelle, symbolise les deux cultures que Virginia porte et explore. Par l'écrit, en exprimant la beauté du monde et sa violence. Et par la beauté fulgurante de ses toiles transcendant douleur et mal de vivre et paradoxalement éclatantes de joie de vivre.
Arpentant la dualité qui nous habite toutes et tous, Virginia, la petite fille du pont, nous transporte dans de multiples allers-retours d'une rive à l'autre. Nous marchons à ses côtés, la tête nimbée de lumière, le cœur lourd s'allégeant à chaque pas vers l'acceptation de ce qui est, de ce qui nous a façonnés, de ce qui sera.
Virginia, c'est le Québec, l'essence même de cette réconciliation, avec nous-mêmes, avec ce métissage qui est en lui-même synonyme de territoire. C'est un film qui traite de la beauté d'une vie artistique assumée. De l'infinie beauté de l'Abitibi, sa patrie, ma patrie. Un documentaire qui s'envole vers vous du creux de mes mains s'ouvrant sur une offrande célébrant l'importance de la sororité, de la solidarité. Ourse bleue, c'est une femme mûre soulignant l'extraordinaire talent d'une femme mûre, avec comme carburant l'amour de l'art et le plaisir sensuel de vous la faire découvrir dans toute son immense simplicité.
- Claude Hamel
Source : http://www.editions-depaysage.fr
Source : message reçu le 4 novembre 10h